Programme du Forum

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Programme

8h45-9h

Lancement du film « Knafeh » de Sigalit Landau

(Le film va tourner pendant que les participants s’installent)

9h-10h20

Facilitateurs de discours : Alexandre Stevens, Bernard Seynhaeve et Nathalie Laceur  

Ouverture : Yves Cartuyvels, professeur de droit pénal et de criminologie à l’Université Saint-Louis et Gil Caroz, psychanalyste à Bruxelles

Angelina Harari : Psychanalyste à São Paulo, présidente de l’Association Mondiale de Psychanalyse

Dima Yared : Responsable aux droits de l’homme au Haut-Commissariat des Nations Unies

Anouk Van Gestel : Rédactrice en chef de Marie-Claire Belgique

10h20 -11h50

Facilitateurs de discours : Monique Kusnierek, Paola Bolgiani et Thomas Van Rumst

Cis Dewaele : Coordinateur des travailleurs de rue en Flandre

Roger Litten : Psychanalyste à Londres

Martin Deleixhe : Professeur temporaire à l’Université Saint-Louis

Adriana Costa Santos : Co-présidente de la Plateforme citoyenne de soutien aux RéfugiésBxl Refugees

11h50-12h00

Artiste : Sigalit Landau  

12h00-13h30

Facilitateurs de discours : Domenico Cosenza, Katty Langelez-Stevens et Antoine Cahen

Marine De Haas : Responsable des questions européennes à la Cimade

Michal Boni : Député européen polonais, PPE, ancien ministre

Kinga Goncz : Politicienne et universitaire hongroise, ancienne ministre des Affaires étrangères et ancienne membre du Parlement européen

Vincent Stuer : Politologue, porte-parole au parlement européen du Parti D66

13h30-14h30

Pause

14h30-14h35

Artiste : Sigalit Landau

14h35-16h15

Facilitateurs de discours : Miquel Bassols, Christiane Alberti, Caroline Leduc et Philippe Bouillot

Guillaume le Blanc : Philosophe et écrivain français, professeur de philosophie politique à l’Université Paris-Diderot

Youri Lou Vertongen : Doctorant au Centre de Recherche en Science Politique de l’Université Saint-Louis

Michael Dougan : Professeur de droit européen à l’Université de Liverpool

Vincent Engel : Écrivain, professeur de littérature à l’Université Catholique de Louvain, chroniqueur pour Le Soir  

16h15-17h55

Facilitateurs de discours : Dominique Holvoet, Karin Brunner, Mauricio Garcia et Philippe Hellebois

Gemma Calvet : Avocate, directrice de l’Agence de transparence de l’Aire métropolitaine de Barcelone

Wolfgang Petritsch : Diplomate autrichien, ancien envoyé spécial de l’Union européenne pour le Kosovo

Gianfranco Pasquino : Politologue italien, ancien sénateur de la Gauche indépendante

Yves Depelsenaire : Psychanalyste à Bruxelles

17h55-18h00

Artiste : Sigalit Landau

18h00-18h40

Animation : Patricia Bosquin-Caroz et Guy Poblome       

Ponctuation et clôture : Éric Laurent, psychanalyste à Paris

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Il sera au Forum de Bruxelles ! Il est belge

Presse VE Tomasz Rossa grande

Vincent Engel est écrivain, dramaturge et scénariste. Il est, par ailleurs, professeur de littérature et d’histoire des idées à l’UCL et à l’IHECS, et chroniqueur politique pour Le Soir et la RTBF.

Spécialiste de la littérature des camps et passionné par l’histoire du vingtième siècle, il a publié plusieurs essais et de nombreux articles sur cette Histoire et sur les idéologies qui l’ont façonnée. Dans sa chronique hebdomadaire sur le site du Soir, il développe, depuis 3 ans, tous les week-ends, une analyse politique sur « les ennemis intérieurs de la démocratie ».

Dans ses romans – une vingtaine publiée à ce jour, dont plusieurs traduits et couronnés par un prix –, pièces et scénarios, l’Histoire est rarement absente, quand elle n’est pas le sujet principal, comme dans Oubliez Adam Weinberger(1)

 

(1) Fayard, 2004.

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Adresse: Université de St. Louis, Salle OM 10

6, rue de l’Ommegang, 1000 Bruxelles

Traductions simultanées en français, anglais et néerlandais

Horaire: 9h -19h

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« Quand le réel est plus bégueule que la langue* De ce qui cesse de ne pas s’écrire de la démocratie » par Marco Mauas

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On s’accorde à dire que la démocratie est nécessaire, condition absolue et préalable, pour que vive et respire le discours analytique. Celui-ci selon Lacan « vaut d’être porté à la hauteur des plus fondamentaux parmi les liens qui restent pour nous en activité » (1). Qu’est-ce à dire sinon que, grâce à l’existence de ce discours, les signifiants-maîtres des autres discours sont interrogés ?

La démocratie existe depuis bien plus longtemps que le discours analytique. La Grèce antique, première démocratie connue, a pu condamner Socrate à mort pour l’incidence de sa parole, parole prononcée et jamais écrite. Le désir de Socrate est considéré par Lacan comme un problème non résolu, voisin de sa question sur le désir de l’analyste. La politique comme telle ne pourrait fournir le levier moteriel pour en savoir plus sur ce qu’est l’essence de la démocratie. Il y a des conditions dans la démocratie, datées, qui se révèlent fortuitement plus favorables à l’existence du discours analytique – des contingences (réelles) ; des coupures (symboliques) dans la démocratie ; le pas-tout de la démocratie.

***

En Argentine, mon pays natal, on se demande aujourd’hui quel a été le moment historique précis où la psychanalyse lacanienne a fait son entrée dans la société.

Il semblerait qu’un accord se dégage sur le fait que, bien avant le coup militaire du général Ongania en 1966, Oscar Masotta, qui a contribué à l’introduction de l’enseignement de Lacan en langue espagnole, avait commencé à donner des conférences et à animer des groupes d’étude autour de Lacan. Cela viendrait démentir (ou pas) l’opinion répandue selon laquelle des groupes d’étude sur l’enseignement de Lacan auraient constitué une sorte de refuge en marge des universités, échappant à la persécution des professeurs et des intellectuels. On entend que, dans certains cas, ces groupes d’étude auraient permis de sauver la vie d’un certain nombre de jeunes, en leur évitant d’être embarqués dans la lutte armée contre cette dictature militaire comme dans celles qui suivirent.

Dans ce débat, on entend aussi que la psychanalyse lacanienne aurait vraiment pénétré en Argentine en 1983, c’est-à-dire dès l’établissement du gouvernement démocratique du président Raoul Alfonsin. Les conditions du discours psychanalytique ne sont pas celles de la dictature, mais bien plutôt celles de la démocratie. Démocratie rétablie, devrait-on ajouter, ou démocratie 2.0, parce que personne ne sait quel sera son destin. Le sens du mot démocratie est aussi sujet de débat – son extension et les changements dans sa signification (2).

***

Quelques années avant la dictature du général Videla, qui commença en 1976, j’avais, comme jeune médecin, commencé à recevoir des patients en analyse. Dans mon cabinet, il n’était pas rare, pendant la nuit, d’entendre la sirène des forces paramilitaires ou des tirs d’armes à feu. Un de mes jeunes patients, qui militait dans une organisation armée, fut porté disparu : desaparecido ! Il avait laissé l’argent pour le règlement d’une séance auprès d’un proche, qui fit le geste de me l’apporter, m’apprenant cette soudaine absence.

La pratique de la psychanalyse, dans ces conditions, était-elle possible ? Comment ? Aujourd’hui encore, je me pose la question.

***

Parti pour Israël, immédiatement après la guerre des Malouines, sans avoir pu voir de mes yeux l’assomption d’un gouvernement démocratique dans mon pays d’origine, j’ai fondé avec quelques collègues le « Mouvement freudien en Israël ». L’intérêt pour nos activités, bien accueillies d’emblée, fut presque immédiat. Dans ce pays, l’épouvante n’était pas moins présente en 1985 qu’en Argentine. La Shoah était omniprésente dans les conversations. Récemment arrivé, je me disais que ce murmure continu constituait un savoir. Je supposais « au pays » le savoir sur l’horreur de la Shoah.

C’est seulement bien des années plus tard, à la faveur de la relecture d’un texte de Saoul Friedlander et touché par la douleur de la perte de cet homme de valeur que fut Claude Lanzmann, que j’ai pu méditer avec un peu plus de finesse sur ce qu’avait pu être une des conditions au moins de la réception du discours analytique lacanien en Israël.

Shoah a été produit et diffusé par Lanzmann en 1985 – la même année que les activités du groupe lacanien en Israël. La première conférence sur l’histoire de la Shoah eut lieu en Allemagne, en 1984, à Stuttgart. Avant cette conférence et avant la sortie de Shoah, selon Friedlander, seule la diffusion de la série américaine Holocaust à la fin des années 1970, avait pu faire émerger, dans le monde occidental en tout cas, la question : « Qu’est-ce que cette histoire ? » Non pas qu’en Israël tout le monde connaissait à l’époque les horreurs de la Shoah. Mais, dans le monde qu’on appelle « civilisé », cette question n’a légitimement pu être posée que dans les années 1980. Et pas sans les résistances les plus obscures. Friedlander mentionne notamment la « querelle des historiens » en Allemagne, en 1986, dans laquelle des historiens tels que Erns Nolte et Andreas Hillgruber avaient tenté de défendre le III e Reich ; selon eux, on ne devait pas oublier le péril représenté par le régime soviétique et ses crimes contre lesquels le III e Reich s’était dressé.

Bref, une nouvelle ère s’ouvrit dans les années 1980

C’est bien des années après le Tribunal Eichmann en 1961 et la fondation du musée de la Shoah, Yad Vashem, en 1948 puis 1953, qu’en Israël nous avons ouvert la porte au discours de Lacan, discours qui vivifie, discours vivant. Lacan avait raison quand il formulait en 1967, dans sa proposition sur la passe, que dans le cas du camp de concentration, « La troisième facticité, réelle, trop réelle, assez réelle pour que le réel soit plus bégueule à le promouvoir que la langue, c’est ce que rend parlable le terme du camp de concentration, sur lequel il nous semble que nos penseurs, à vaguer de l’humanisme à la terreur, ne se sont pas assez concentrés. » (3) La langue, moins bégueule que le réel, pour promouvoir cette facticité réelle : ainsi dans Shoah Lanzmann utilise-t-il uniquement des témoignages de vivants, et a refusé d’utiliser des scènes scénarisées. C’est la langue des survivants et des témoins qu’il explore, jusqu’au témoignage étonnant de Ian Karski, qui finit par conclure qu’il ne croit pas qu’il soit possible de comparer la Shoah à rien de connu, ni même d’arriver à la comprendre.

Peut-être qu’en Argentine aussi, seule une démocratie rétablie, renouvelée, a pu offrir une langue pour le discours de Lacan après la dictature et les desaparecidos. Démocratie pas-toute. Pas de démocratie qui vaille qui ne soit interrogée par le discours analytique.

*Ce texte a été diffusé une première fois dans Lacan Quotidien, n° 802, le 25 nov. 2018, à retrouver ici

 

1 : Lacan J., Autres écrits, Paris, Seuil, 2001, p. 518.

2 : Cf Leonhardt D., « The Growing Crisis of Democracy”, New York Times, 17 octobre 2018, à retrouver ici

3 : Lacan J., Autres écrits, op. cit., p. 257.

Il sera au Forum de Bruxelles ! Il est italien

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Gianfranco Pasquino est diplômé en Sciences politiques et spécialisé en Politique Comparée. Il est professeur émérite en Sciences Politiques de l’Université de Bologne où il a enseigné de 1969 à 2012. Il a reçu trois diplômes honorifiques des universités de Buenos Aires, La Plata et Cordoba.

En août 2014, il a été nommé Huésped de honor(1) de la ville de Buenos Aires.

Il a dirigé la revue il Mulino(2) et la Rivista Italiana di Scienza Politica(3), dont il est un des membres fondateurs. Il est particulièrement fier d’avoir codirigé avec Bobbio et Nicola Matteucci le Dizionario di Politica(4).

De 1983 à 1996, il était sénateur de la République italienne pour la gauche indépendante et les progressistes. Il a été membre de la Commission Bozzi et l’un des promoteurs des référendums de 1991 et 1993.

Il a récemment publié Cittadini senza scettro. Le riforme sbagliate ; La Costituzione in trenta lezioni ; NO positivo. Per la Costituzione. Per le buone riforme. Per migliorare la politica e la vita ; L’Europa in trenta lezioni(5). Il est également co-commissaire du Oxford Handbook of Italian Politics(6). Son dernier ouvrage a pour titre : Deficit Democratici(7). Depuis 2011, il fait partie du conseil scientifique de l’encyclopédie italienne. Et depuis juillet 2005, il est membre de l’Accademia Nazionale dei Lincei.

(1) Invité d’honneur.

(2) Le Moulin.

(3) Revue italienne de Sciences politiques.

(4) Le dictionnaire de la politique, 2016, 4a éd.

(5) Citoyens sans sceptre. Les mauvaises réformes (2015) ; La Constitution en trente leçons (2015) ; NON positif. Pour la constitution. Pour les bonnes réformes. Améliorer la politique et la vie (2016) ; L’Europe en trente leçons (2017).

(6) Manuel de politique italienne, 2015.

(7) Déficits Démocratiques, 2018.

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« Les discours qui tuent, les femmes » par Omaïra Meseguer

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C’est en cherchant le masculin du mot mégère que Madame Christiane Taubira, ancienne garde des Sceaux et femme de verbe, s’est rendue compte que quelque chose ne tournait pas rond dans le monde des mots-dits. Désappointée, c’est son mot, la jeune adolescente a fouillé dans le dictionnaire, il n’y avait pas d’équivalent masculin non plus pour : rombière, garce, matrone, maritorne… Il s’agissait, pour la jeune femme qu’elle était, de la découverte de l’énigme des noms de dépréciation envers les femmes. Lors d’une série d’émissions sur France Culture intitulée « Des mots contre les femmes » (1), Christiane Taubira note qu’après avoir été frappée par ce type de mots, « il est peu probable qu’il n’en reste pas trace » pour celles et ceux qui les ont entendus.Trace? Nous dirions, marque, car il s’agit des dards empoisonnés qui visent la jouissance, la jouissance Autre. 

 

Rien ne peut être dit sur La femme, nous apprend Jacques Lacan. Les mots cherchent en vain à la saisir toute, à endiguer ce qui est perçu comme un excès, à localiser pour savoir ce qu’elle recèle. Ça rate, donc rage ! Il y a les poètes, certes, les amoureux transis, c’est indéniable. Mais il y a aussi, nous déclinerons une liste forcément non-exhaustive : les maladroit-e-s, les égaré-e-s, les angoissé-e-s et, bien entendu, les haineux, les haineuses. 

 

Haine du féminin ? Est-ce un hasard que de l’actuel Président des Etats-Unis au récemment élu Président du Brésil des propos misogynes ont fusés ? Le discours totalitaire cherche à faire taire la race des femmes. Les contestataires, les insatisfaites, les changeantes, même les discrètes parce que suspectes. Le totalitarisme n’aime pas le pas-tout. Il le craint, il le bannit. 

 

Le racisme anti-femmes est le paradigme du racisme tout court. Nier, faire taire, cacher, tuer les femmes c’est s’attaquer à une autre façon de jouir que la normâle. Lacan a fait une lecture éclairante et « prophétique » de notre époque, il savait que la montée du racisme était inéluctable : « Pourquoi diable le dire ? » (2) lui demande Jacques-Alain Miller en 1973. « Parce que ce ne me paraît pas drôle et que pour tant, c’est vrai » lui répond-t-il. Le dire, pour être avertis et pour en prendre acte, ensuite.

 

  1. https://www.franceculture.fr/societe/le-dictionnaire-critique-du-sexisme-par-christiane-taubira
  2. Lacan, J., Télévision, Editions Le Seuil, 1973, p. 53

Il sera au Forum ! Il est belge

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Youri Lou Vertongen est doctorant, aspirant FNRS au Centre de Recherche en Science Politique (CReSPo) de l’Université Saint-Louis Bruxelles. Depuis début 2015, il est collaborateur scientifique auprès du centre de recherche METICES de l’Université libre de Bruxelles (ULB).

Youri Lou est également co-fondateur d’un groupe de réflexion nommé « Migrations et Luttes Sociales ». Ses recherches portent sur les mobilisations collectives autour des questions migratoires en Belgique et en Europe.  Son projet de thèse tente d’approfondir la question de l’articulation éthique et stratégique entre les collectifs de migrants « sans-papiers » et les collectifs de nationaux « avec-papiers » au sein des pratiques de résistances aux mesures restrictives et répressives des politiques migratoires belges et européennes.

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Il sera au Forum ! Il vient de Paris

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Eric Laurent est psychanalyste, psychologue et docteur de troisième cycle en psychanalyse. Psychanalyse avec Jacques Lacan. Membre de l’École de la Cause freudienne (ECF). Ancien président de l’Association Mondiale de Psychanalyse, il enseigne dans le cadre de la section clinique du département de psychanalyse de Paris 8.

Articles et chapitres de livres traduits en une dizaine de langues. Derniers livres publiés: L’envers de la bio-politique (1) La bataille de l’autisme ; de la clinique à la politique (2). Traduits en cinq langues.

 

(1) Navarin/Le champ freudien, 2016

(2) Navarin/Le champ freudien, 2012

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