Ook zij komt naar het Forum – Ze is Canadese en woont in Brussel.

Photo YARED

Sedert zeven jaar is Dima Yared specialiste inzake mensenrechten bij het Hoog Commissariaat van de Verenigde Naties in het regionaal bureau voor Europa. Ze is juriste internationaal recht van opleiding, afgestudeerd aan de Mc-Gill universiteit in Canada, en spitst zich vandaag toe op de mensenrechten van migranten, de strijd tegen racisme en xenofobie. Ze houdt zich bezig met migranten die zich in kwetsbare situaties bevinden (slachtoffers van foltering, trauma, seksueel geweld, psychische aandoeningen, enzovoort). Ze ziet erop toe dat hun rechten worden gerespecteerd en dat ze worden behandeld op een humane en waardige manier, of ze nu een asielaanvraag indienden of niet.

Het Hoog Commissariaat voor de mensenrechten van de Verenigde Naties heeft tot op heden expertises uitgevoerd in zes Europese landen (Calais in Frankrijk, in Griekenland, in Italië, in de voormalige republiek Joegoslavië, in Macedonië, Bulgarije en Oostenrijk.

Tijdens haar interventie zal Dima Yared vooral spreken over de mensenrechten vanuit het standpunt van het internationaal recht. Ze zal het meer bepaald hebben over de notie van kwetsbaarheid, en aantonen hoe de mensenrechten kunnen bijdragen tot een efficiënter migratiebeleid.

Toen we haar ontmoetten om het thema van ons Forum te bespreken, vertrouwde ze ons toe dat “vertogen die we door de vingers zien met betrekking tot migranten, weldra iedereen zullen aangaan”.

INSCHRIJVEN

ARGUMENT

Tijdschema: 9u – 19u

Met simultaanvertaling Frans – Nederlands – Engels

Adres: Université Saint-Louis, Aud. OM 10
Ommegangstraat 6, 1000 Brussel

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Ook zij komt naar het Forum

Goncz

Kinga Goncz – arts van opleiding, psychiater en psychoanalytica – Hongaars academica en politica
Tussen 2002 en 2009 oefende ze de functie uit van minister van sociale zaken en minister van buitenlandse zaken. Ze was lid van het Europees parlement tussen 2009 en 2014. Momenteel is ze gastprofessor aan de Central European University en docent aan de School of Public Policy.

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« Tuer son symptôme » par Enric Berenguer

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Dans l’histoire de l’humanité, les pires désastres ont été faits au nom du bien. Et, une des formes les plus dangereuses de l’application de cette prémisse du bien dans la politique, passe par l’idée de solution. À chaque fois qu’on commence à trop entendre parler de solutions, il y a de quoi se mettre à frémir du pire que cela augure.

Or, nous vivons un temps de solutions. Ce qu’on appelle populisme en politique — dont il y en a tant de versions qu’on dirait que c’est simplement un nom de la politique d’aujourd’hui — est souvent, sinon toujours, un discours des solutions. L’on est excédés par les problèmes que l’on connaît depuis toujours et de constater les partis politiques “traditionnels”, “l’establishment”, etc., s’avèrent incapables d’y apporter une solution. Alors, il faut trouver des nouvelles solutions, et le faire vite — dans le style qu’a le sujet contemporain de vivre le temps, celui de sa vie : l’attente, l’insistance, même la patience, n’ont plus de place.

On s’affaire donc à trouver des problèmes non résolus et, dans le marché des discours politiques disponibles, on peut facilement choisir celui qui promet la solution la plus rapide et radicale. Y’a t-il de l’immigration ? Le plus évident est, sans doute, d’ériger un mur, ou bien d’empêcher quelques pauvres bateaux d’arriver dans un port ou sur une plage — avec le cynique espoir que ce seront le désert ou la mer qui feront le reste. Est-on mal dans l’Europe ? Ne répond-elle pas à ce que nous en attendions ? Alors, c’est facile : on s’en va !

Le rapport de Donald Trump avec ses voisins du Sud est à cet égard très parlant. Des pays comme le Honduras et le Salvador et, d’un point de vue plus large, toute la région, ont souffert pendant des décennies des politiques agressives de la part des États-Unis qui, parfois, sont intervenus très violemment, empêchant la construction de solutions démocratiques originales (le Guatemala avec Arbenz, par exemple), tout en retirant, d’autre part, des bénéfices énormes d’une main-d’œuvre clandestine (Mexique, Guatemala, Salvador, Honduras), sans aucune protection et qui devait accepter des salaires de misère dans des conditions inhumaines de vie.

Mais voilà que ces personnes résistent, qu’ils vivent leur vie et qui font entendre partout leurs accents doux, leur musique et leur manière de vivre. Le pire étant qu’ils peuvent même parvenir à constituer une certaine communauté, non négligeable dans les calculs électoraux ! Il faudra donc construire un mur, pour en finir avec ce à quoi on a décidément participé.

C’est la même chose avec la production et le trafic de cocaïne, par les pays voisins des États-Unis : aucune “War on drugs” — ce qui a justifié toute une politique, avec des mesures militaires et une alliance presque perpétuelle entre les “tough guys” du spectre politique de toute la région — ne peut voiler le statut de symptôme dont un élément fondamental est la demande intarissable de stupéfiants. Qu’importe que “the U.S. Opioid Epidemic”, les “Synthetic drugs” et même les “designer drugs”, démontrent que le marché des jouissances nord-américain peut, assez bien, se passer des importations du sud.

On a déjà une perspective suffisante pour savoir ce que donnent les solutions “radicales” et définitives. Ce qui ne fait aucun doute, c’est que cela multiplie les morts et la souffrance. Mais voilà que les problèmes persistent et, parfois même, s’aggravent. Et, qui plus est, les consignes brutales lancées aux quatre vents “pour en finir” tendent à aggraver les symptômes qui devaient disparaitre. Et même elles suscitent des réponses inattendues. Le rejet le plus brutal produit quelquefois un effet d’appel paradoxal.

En voilà un exemple, celui de la caravane qui depuis le Honduras a traversé l’Amérique Centrale et le Mexique, et qui est maintenant parvenue jusqu’aux portes, ou plutôt jusqu’au mur, des États-Unis de Donald Trump. Même la menace explicite de la mort est sans effet sur ceux qui cohabitent quotidiennement avec la mort dans ses formes les plus brutales. Qui sait même si, face à une mort banale et anonyme — une unité de plus à ajouter aux chiffres habituels — on peut y préférer une mort qui résulterait d’un défi contre les maîtres du monde, sous les yeux du regard universel des médias. Phénomène collectif, d’autre part, qui fait passer ce qui normalement relève de la solitude de chacun à ce qui, dans les structures du fantasme et la temporalité du passage à l’acte, est susceptible d’être partagé dans l’illusion d’une communauté.

Nous avons tous — partout il y en a — des symptômes dont on n’en veut pas. C’est ce qui fait que, en Europe par exemple, les années 30 font retour. C’est stupéfiant de voir comment on reprend des discours et on revendique même des figures de solutions promises qui ont conduit au désastre. Avec l’espoir que, cette fois, on fera mieux — bien sûr ! —, puisqu’on connaît quand et pourquoi on s’est trompés : on ne va pas répéter les mêmes erreurs, mais seulement reprendre quelques bonnes inspirations, très bien justifiées au nom du bien pour, cette fois, les conduire à la fin que l’ange de l’histoire leur aurait arrachée.

Chez nous, en Espagne, c’est le symptôme “Transition” et la “mémoire” de la Guerre ; le retour à ce qui au fil des années semblait possible. Fantasme de mémoire construit sur des oublis sélectifs — chacun le sien, que ce soit insu ou inavouable. On n’en veut plus de ce symptôme dont nul ne veut se faire responsable. On préfère trancher, s’en aller, tout découvrir : la vérité, sans voiles, devrait nous sauver. Tandis que, de l’autre côté, on prétend substituer aux liens de la parole ceux de la pire version de la loi. Loi dans laquelle, au fond, ils n’ont jamais vraiment cru. Et on répond, tant aux abus de la mémoire qu’à son évocation légitime, avec son simple et pur effacement ou une manipulation cynique de l’histoire.

Récemment, Antoni Puigverd, dans La Vanguardia, disait que ceux qu’ont vécu la fameuse Transition n’avaient pas besoin d’une loi de la mémoire, puisqu’on se souvenait très bien et on voulait autre chose. (1)

Récemment aussi, un livre de conversations est paru, signé par un journaliste et un jeune protagoniste de la politique espagnole. Le titre est intéressant : Nœud Espagne (2). Voilà une topologie plus intéressante, quelque chose, peut-être, un peu plus près du réel qui, lui, ne se laisse pas réduire à des catégories binaires : dehors/dedans, nous/eux, problème/solution.

Bien sûr, il y a des vieux symptômes qu’il nous faut traiter ; assurément, ils ont perdu une partie de leur efficacité. Mais pour les traiter il faut commencer pour s’en faire responsables. Il faut voir ce que nous faisons avec les ficelles du nœud, même quand il s’agit d’en faire autre chose. Puisque chaque ficelle est un lien, qu’on veuille ou pas le reconnaître.

(1) Antoni Puigvert, “Cólera”, La Vanguardia, 05/11/2018

(2) P. Iglesias, E. Juliana, Nudo España, Arpa, 2018.

« The truth of man is in the language » by Katty Langelez-Stevens

HB145-langelez-680x450 In his essay on the language of the Third Reich (LTI), Viktor Klemperer advances the thesis that supports his research. It resonates very strangely with that of Freud who was his contemporary but he seems to have not read. This thesis will also be the one that Lacan will extract from Freud’s work to make it the red thread, and even the peak of his teaching.

Klemperer refers to Talleyrand’s famous saying that the language is there to hide the diplomat’s thoughts and he rejects it: « The exact opposite is true. What someone deliberately wants to conceal, to others and to oneself, is what he carries unconsciously and the language reveals it. This, no doubt, is the meaning of the sentence: the style is the man; the statements of a man may be untrue, the style of his language exposes his being. »(1)

For Freud, the unconscious is revealed in the words, the sentences that the subject says, or forgets: slips of the tongue, denials, omissions of words. Lacan interprets Freud’s work from this point and declares in the Écrits that the unconscious is structured as a language. Lacan parodies the formula of the count of Buffon that Klemperer resumes, “the style is the man” (2) since 1966 when he said in the overture of his Écrits: « the style is the man himself”. While stating that if the style is ordered by the Other to whom the subject who writes is addressing, this is not enough to make a style. From 1966, Lacan proposes a definition of style that focus on the object, neglecting the subject. The condition of possibility of a style is when the subject agrees to submit to the object by fading (3). At the end of his teaching, the style becomes even the signature of the jouissance of the subject through his symptom, his indelible mark.

From 1933 until 1945, Viktor Klemperer kept a diary in which he first noted all the daily troubles of his life as a Jew, the husband of an Aryan, in Dresden. Very quickly, he notices that the language is profoundly transformed by the arrival of Hitler to the power; that these modifications are voluntary and testify of a will to indoctrinate the people. He, himself, finds it very difficult to resist. Goebbels, master of propaganda in the Third Reich, orchestrated this OPA on the German language. The reference work that served as a base for him, or even as a Bible is Hitler’s « Mein Kampf », himself put in the position of god.

From this view of Klemperer and that of Freud, we can now draw lessons to find out between the lines and behind the words the wolves who hide under the appearances of devoted servants of the people.

 

(1) Viktor Klemperer, LTI, La langue du IIIè Reich, Albin Michel, 1976.

(2) « The well-written works will be the only ones that will pass to posterity: the quantity of knowledge, the singularity of facts, the novelty of discoveries, guarantors of immortality are not sure: if the works that contain them only roll on small objects, if they are written without taste, without nobility and without genius, they will perish, because the knowledge, the facts and the discoveries are easily removed, transported, and even gain to be put into works by more skilled hands. These things are out of the man, the style is the man himself the style cannot thus be removed, nor to be transported, nor to be altered: if it is high, noble, sublime, the author will be admired in all times; because there is only the truth that is lasting and even eternal”. Georges-Louis Leclerc, Count of BUFFON, Discourse on Style, Paris, J. Lecoffre 1872 [BnF], Speech delivered at the French Academy on August 25, 1753, p. 23.

(3) Bruno Miani, « L’actualité du style dans la psychose », article published on http://www.causefreudienne.net/lactualite-du-style-in-the-psychose/

 

Translation by Lorena Hojman Davis

« La verità dell’uomo è nella lingua » da Katty Langelez-Stevens

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Nel suo saggio sulla lingua del terzo Reich (LTI), Viktor Klemperer avanza la tesi che sostiene la propria ricerca. Essa risuona in modo molto strano con quella di Freud che è stato suo contemporaneo ma che tuttavia non sembra avere letto. Questa tesi sarà d’altronde quella che Lacan estrarrà dall’opera di Freud per farne il filo rosso, e perfino la punta del suo insegnamento.   

Klemperer fa riferimento alla celebre frase di Talleyrand secondo la quale la lingua sarebbe stata lì per dissimulare i pensieri del diplomatico e lui la ricusa: «È vero esattamente il contrario. Ciò che qualcuno vuole deliberatamente dissimulare, agli altri e a sé stesso, e addirittura ciò che porta in sé inconsciamente, la lingua lo porta alla luce. Questo è senza dubbio anche il senso della sentenza: lo stile è l’uomo; le dichiarazioni di un uomo potranno essere menzognere, lo stile del suo linguaggio mette il suo essere a nudo». (1) 

Per Freud, l’inconscio si rivela nelle parole, le frasi che il soggetto dice, o dimentica: i lapsus, le negazioni, le dimenticanze di parole. Lacan interpreta l’opera di Freud a partire da questo punto e dichiara negli Scritti che l’inconscio è strutturato come un linguaggio. La formula del conte di Buffon che riprende Klemperer, «lo stile è l’uomo stesso» (2) è parodiata da Lacan già nel 1966 quando dice nell’ouverture degli Scritti: «Lo stile è l’uomo». Precisando che se lo stile è comandato dall’Altro a cui s’indirizza il soggetto che scrive, questo non sarebbe sufficiente a fare uno stile. Fin dal 1966, Lacan propone una definizione dello stile che trascura il soggetto per centrarsi sull’oggetto come condizione di possibilità di uno stile quando il soggetto accetta di sottomettercisi, cancellandosi (3). Alla fine del suo insegnamento, lo stile diventa sempre più la firma del godimento del soggetto attraverso il proprio sintomo, il proprio marchio indelebile.

A partire dal 1933 fino al 1945, Viktor Klemperer ha tenuto un diario nel quale annotava innanzitutto le piccole e grandi seccature quotidiane che disseminavano la propria vita di ebreo, marito di un’Ariana, a Dresda. Ben presto, egli osserva che la lingua viene profondamente trasformata dall’arrivo di Hitler al potere, che queste modifiche sono volontarie e testimoniano di una volontà d’indottrinare il popolo. Constata lui stesso che è molto difficile resistervi. Tale OPA sulla lingua tedesca è stata orchestrata da Goebbels, ministro della propaganda del terzo Reich. L’opera di riferimento che gli è servita da base, se non addirittura da bibbia, è il «Mein Kampf» di Hitler, lui stesso messo in posizione di dio. 

A partire da questa tesi di Klemperer e da quella di Freud, noi oggi possiamo ricavare delle conseguenze per stanare tra le linee e dietro le parole i lupi che si nascondono sotto le apparenze dei servitori devoti del popolo.

 

(1) Viktor Klemperer, LTI. La lingua del terzo Reich. Taccuino di un filologo, 2008.

(2) «Le opere ben scritte saranno le uniche che passeranno alla posterità: la quantità delle nozioni, la singolarità dei fatti, la novità stessa delle scoperte, non sono sicuri garanti dell’immortalità: se le opere che li contengono vertono solamente su piccoli oggetti, sono scritte senza gusto, senza nobiltà e senza genio, esse periranno, perché le nozioni, i fatti e le scoperte si prelevano, si traspongono e acquistano persino a essere esposte da mani più abili. Tali cose sono esterne all’uomo, lo stile è l’uomo stesso: lo stile non può dunque né prelevarsi, né trasportarsi, né alterarsi: se è elevato, nobile, sublime, l’autore sarà ugualmente ammirato in ogni tempo; poiché non c’è che la verità che sia duratura e perfino eterna» , Georges-Louis Leclerc, conte di Buffon, Discorso sullo stile e altri scritti, Ed. Studio Tesi, Pordenone 1994, p. 13; Discorso pronunciato all’Académie française il 25 agosto 1753.

(3) Bruno Miani, «L’actualité du style dans la psychose», articolo apparso su http://www.causefreudienne.net/lactualite-du-style-dans-la-psychose/

 

 

« La verdad del hombre está en la lengua » por Katty Langelez-Stevens

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En su ensayo sobre la lengua del tercer Reich (LTI), Viktor Klemperer avanza la tesis que apoya su investigación. Ésta hace eco de forma extraña con la de Freud que fue su contemporáneo, aunque no parezca que lo haya leído. Esta tesis es la que Lacan extrae de la obra de Freud para tomarla como hilo conductor y convertirla en el eje de su enseñanza.

Klemperer hace referencia a la famosa frase de Talleyrand según la cual la lengua existe para disimular los pensamientos del diplomático y la recusa : “La verdad es exactamente lo opuesto. Lo que uno quiere realmente disimular, a los demás y a si mismo, es también lo que lleva en sí mismo inconscientemente, la lengua lo pone en evidencia. Éste probablemente también sea el sentido de la sentencia: el estilo, es el hombre ; las declaraciones de un hombre pueden ser falsas, el estilo de su lenguaje revela su ser.”(1)

Para Freud, el inconsciente se desvela en las palabras, las frases que el sujeto dice o olvida: los lapsus, las denegaciones, el olvido de palabras. Lacan interpreta la obra de Freud a partir de este punto y declara en sus Escritos que el inconsciente está estructurado como un lenguaje. La  fórmula que Klemperer toma del conde de Buffon, “el estilo, es el hombre”(2) es parodiada por Lacan a partir de 1966 cuando dice en la apertura de sus Escritos : “el estilo es el hombre mismo”. Lacan precisa que, si el estilo es mandado por el Otro a quien el sujeto que escribe se dirige, no es suficiente para hacer un estilo. A partir de 1966, Lacan propone una definición del estilo que aparta al sujeto para centrarse en el objeto como condición de la posibilidad de un estilo, cuando el sujeto acepta someterse a él borrándose(3). Al final de su enseñanza, el estilo se convierte en la firma del goce del sujeto a través del síntoma, su marca imborrable.

Entre 1933 y 1945, Viktor Klemperer mantuvo un diario en el que primero tomó nota de las pequeñas y grandes preocupaciones que marcaron el día a día de su vida de judío, esposo de una aria, en Dresde. Rápidamente, notó cómo la lengua se vio profundamente transformada por la llegada de Hitler al poder, estas modificaciones fueron voluntarias y testifican de una voluntad de adoctrinamiento del pueblo. Él mismo constata que es muy difícil resistirse. Esta OPA sobre la lengua alemana fue orquestada por Goebbels, maestro de la propaganda del tercer Reich. La obra de referencia que le sirvió de base, si no de biblia, es “Mein Kampf” de Hitler, él mismo puesto en posición de dios.

A partir de esta tesis de Klemperer y la de Freud, hoy podemos extraer una lección para destapar, entre líneas y palabras, los lobos que se disimulan bajo las apariencias de servidores dedicados al pueblo.

Trad. : Alba Cifuentes Suarez

 

  1. Viktor Klemperer, LTI, La langue du IIIè Reich, Albin Michel, 1976.
  2. «Las obras bien escritas serán las únicas que pasarán a la posteridad: el caudal de los conocimientos, la singularidad de los hechos, la novedad misma de los descubrimientos, no son garantía segura de inmortalidad. Si las obras que los contienen no tratan sino de nimiedades, si están escritas sin gusto, sin nobleza y sin talento, perecerán, porque los conocimientos, los hechos y los descubrimientos se escapan fácilmente, se desplazan y huyen hasta ser empleados por manos más hábiles. Estos son exteriores al hombre; en cambio, el estilo es el hombre mismo. El estilo no puede, pues, ni robarse ni transferirse ni alterarse; si es elevado, noble, sublime, el autor será igualmente admirado en todos los tiempos, pues solo la verdad es duradera y aun eterna. » Georges-Louis Leclerc, conde de BUFFON, Discurso sobre el estilo. Discurso pronunciado en la Academia francesa el 25 de agosto de 1753. http://www.scielo.org.co/pdf/rei/v16n31/v16n31a15.pdf
  3. Bruno Miani, « L’actualité du style dans la psychose », article paru sur http://www.causefreudienne.net/lactualite-du-style-dans-la-psychose/

 

« Trivialization of discourses that kill » by Geert Hoornaert

HB145-Hoornaert-680x450 An International Transatlantic of Xenophobia settles. The language that speaks is a pedagogy of hate. There is us, and there is them; there is here, and there is elsewhere; there is inside and there is outside; there are friends, then there are enemies; those we know, and the foreign. By these words, it claims to describe only the immediate information of experience; it pretends not to speak: it merely reflects the imminent order of things, which, at the same time, prescribe an inexorable policy.

Political speech today has direct consequences on the bodies of thousands of people. It is because certain discourses serve not to restrain, but to provoke violence, while masking it. Euphemism is back, paired with other perversions of the language ​​that our totalitarianisms handles. No one is exposed to death, no, no; we manage migratory flows.

We manage, and under the limitation of the need. The order of things constrains, and politics, it is the only interpreter of this order. But if it is things that speak, and if fate dictates politics, the free circulation of speech, the soul of democracy, has no more reason to exist. Politics then has only one task to accomplish: promoting consensus; solidify common sense; to translate the necessities of the moment to the people; submitted to « force majeure », which will be the One who will solve the desperate complexity of the world.

Political speech strives to erase the point from which it speaks. This point is related to what Freud identified as a real, each individual is, he noted, inhabited by a desire to dominate the other, to submit, kill, rape [1]. It is from this point that each one will have to position themselves, and to build their way of diverting these drives to the paths of realization. This is where an intrapsychic task meets the stakes of a civilization. But the gap between drive and civilization is slim, and there are only words that keep it open. So they matter, and not a little: history shows that they are perfectly capable of releasing the worst, justifying it with Good.

Today, the enemies of civilization are deafen their invariably stifling “solutions ». They want to make believe that in what they say, they have nothing to do with it. They only translate the necessities of the moment that the constraining order of things imposes [2]. This erasure of the place from which it speaks gives us the Newspeak of today. In his words, commonplace evil takes shelter and spreads.

Because evil is never trivialized alone. It takes a whole language for that, which prepares the ground by sweeping the obstacles [3]. He will say, tirelessly, that instead of our choices, it is Necessity that speaks. And what Necessity speaks, it is things, not humans. This style has become ubiquitous. We erase the function of speech and destroy the field of language, to sow only messages – neutral, banal, ferocious. As in the Belgian psychiatric hospitals, where, in the name of the rights of the patient, it is informed, in neutrality of course, that a euthanasia procedure for « unbearable psychic suffering » exists; information with what the patient will be free to do what he wants, under condition that he abstains to see there a suggestion…

This Newspeak is covering all human issues; objectification of intimacy,  from the assessments in the work to the intrusion of the State into psychotherapies; reification of the public sphere reduced to an arena to manage; segregation of the foreigner in order to lock itself in a barricaded between- oneself, which will turn to be objectified. The discourses on the waves of immigration are thus paired with the injunction to purify the ‘self’: times require that the human thing consent to the sacrifice of its own. Therefore, by dehumanizing the other, we manage to objectify ourselves.

 

[1] S. Freud, Malaise dans la Civilization (1930).

[2] See J.-Cl. Milner, La politique des choses, Verdier, 2011.

[3] See, eg, V. Klemperer, LTI

 

Translation by Lorena Hojman Davis